Expanding Cinema

Conférence du 21 juin 2018

Shayne Hood a commencé à travailler dans l’industrie du cinéma d’animation en 1988. Elle enseigne actuellement l’introduction à l’animation expérimentale et l’atelier d’animation au Los Angeles Mission College. Elle est l’auteur de The Original Let’s Animate ! (sélectionné en 2008 par Homeschool.com Educational Gift Award) et Jeremy Can’t Drink Milk (présenté au 1er Festival international d’animation de Chine et au Festival international d’animation de Taiwan). Shayne a co-fondé « This Is Good Studios », qui produit des animations et des illustrations professionnelles, tout en continuant à travailler sur des films indépendants comme I, Don Quichotte.

Michael Scroggins a passé le MFA de CalArts et il est membre de la Faculté depuis 1978. Son travail en « absolute animation performance » a été exposé à l’échelle internationale, notamment au Centre George Pompidou, Paris ; Union of Filmmakers, Moscou ; Seibu Ginza, Tokyo ; et au Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles. En 1992, il a reçu une bourse du Banff Centre for the Arts pour produire une œuvre de VR, Topological Slide, qui a été montrée en 1994 lors de la quatrième Conférence internationale sur le cyberespace. Sa recherche se poursuit sur la capture gestuelle dans la création d’animation en temps réel en VR immersive et a conduit au développement du dispositif visuel, Anaphorium, dont la sortie publique est prévue pour le quatrième trimestre 2018.

vr

Anaphorium

Shayne Hood et Michael Scroggins proposent une intervention en deux parties, autour des questions du cinéma d’animation et de l’immersion.

Tout d’abord, Shayne Hood évoque son travail d’enseignante au Los Angeles Mission College avec deux séminaires. Le premier, autour de l’animation traditionnelle, explique le pipeline d’un studio d’animation, avec des étapes comme le charater design, les images clés. Le développement du film se poursuit en 8 semaines. Le deuxième s’éloigne de l’industrie et son organisation pour proposer aux étudiants de nouvelles techniques d’animation : sable, stop motion, stéréoscopie… Elle se concentre ensuite sur la stéréoscopie, qui est très adaptée pour les films d’animation en volume, avec des marionnettes. La stéréoscopie est associée à l’apparition des premiers jouets optiques. Shayne Hood évoque alors la série de Brian May sur la stéréoscopie que l’on peut voir sur internet et qui constitue une bonne introduction à la place de la stéréoscopie dans le cinéma. En effet, pour Shayne Hood la stéréoscopie doit avoir une place importante dans la pédagogie et l’approche des images. Ainsi elle propose souvent aux étudiants de faire des « Tcha-Tcha », soit deux photos du même objet, décalé d’un côté et de l’autre, photos qui rapidement assemblées par un logiciel tel que Stéreo photo maker, permettent de concrètement travailler le relief. Ce travail sur la stéréoscopie est aussi l’occasion de bricolages, comme l’association de deux caméras go-pro sur un tripode.

La question de l’immersion est au centre de la recherche et du travail de Michael Scroggins qui date le début de son intérêt pour ce genre de dispositifs dans son enfance lors d’une projection cylindrique du Circarama de Disneyland. Ensuite, cela sera dans un numéro de 1987 du Scientific American qu’il entendra parler pour la première fois de réalité virtuelle. Il a collaboré avec plusieurs chercheurs sur le sujet et en ce moment développe Anaphorium qui associe temps réel, VR et capture gestuelle pour réaliser des peintures dans l’espace. Il distingue dans son intervention le cinéma 360° (l’image est autour de toi et tu te promène avec) et la Virtual Reality ( tu te promène dans l’image). Tous les deux sont des extensions du cinéma mais permettent des choses différentes. Le cinéma 360° a découvert progressivement des moyens de réintégrer du montage comme dans Pearl de Patrick Osborne. En VR, le spectateur a davantage d’autonomie, le temps est moins contraint. C’est une nouvelle opportunité pour le documentaire. L’engagement du corps du spectateur est fort et on parle désormais de l’apparition de combinaisons permettant de simuler le toucher ou de températures. Michael Scroggins souligne les potentialités infinies de cette « expanding cinema ».